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ÈVE, ORIGINE ET FIN
Texte de Bruno VINCENT


Rencontre
Dans la pénombre
d’une pièce en sous-sol
traversée de lumière
une fenêtre sur la nuit
une femme
dans cette nuit
apparait
obscurité de la pièce
ou suis-je ?
nuit que j’observe
une femme brûle
sur fond noir.
femme-galaxie,
noir sidérant
une pomme file
vers le bas,
croquée
Ève vacille

Parcourant les espaces dans lesquels Ève baigne je
me souviens de certaines nuits d'été allongé dans un
champ observant le ciel les étoiles me firent cet effet
de traces points de fils halos textures de surfaces à
rompre la nuit de sillons lactiques.

Presque hors du cadre déjà la pomme un instant des
yeux Ève l'a suivie. Gravité de l'instant où Ève perd
son regard à quoi se raccrocher pour éviter la chute
promise sans terre, cosmique

Est-ce la foudre qui la frappe la punit pour cette
transgression qui la propulse dans le champ obscur de la
connaissance est-ce un dieu tutélaire qui lui parle sans
mot d'ondes seulement est-ce un champ de forces qui
absente son visage et son esprit

Un tambour
frappe
mon esprit
divague
mon corps
flotte
sous un
nénuphar
bleu
lumière

Pointe d'une lance
pénétrant son flanc gauche se
frayant un chemin à travers son
corps sortant du côté droit giclée
de sang d’une arme ancienne à la
plume en trèfle perçant la
cartomancienne

Petit homme à l'ampoule araignée qui contemple
une femme plus tout à fait présente et dont le corps
s'offre comme une carte du tendre où le désir
dessine ses codes en courbes et couleurs son sein
droit le toucher il pourrait s'il n'était aussi rouge la
pomme Adam aurait pu la croquer en être
transformé porteur de lumière ange déchu Lucifer

Ève
au gouffre
chute
dans une mer
océan profond
déjà noir,
une éponge
de mer
violette
l’a vue.

Dans ce noir des abysses un orage magnétique montre ses
anneaux bleu qui jouent de résonances en cordes et en ventres
avec la foudre et ses fils et la lampe araignée de l'homme
animalcule. De l'excès de la pomme à l'orage attendu c'est la
chute sublime le paradis au noir l'accès à la porte souterraine.
Le visage électrique blanc bleu noir rose sous tension

Visage incliné regard nimbé de nuit
corps offert soleil jaune voilé de
rouge des épaules au pubis bleu bas
du corps parcouru de stries qui
s'enroulent autour de ses hanches et
joignent ses cuisses à la nacre
laiteuse une femme poisson au
corps de sirène une Diane surprise
à son bain dans quelque grotte sous
marine

Une femme ou le rêve d'une
femme dont le visage
spectral se sépare du corps et
de sa lumière pour rejoindre
d’une chute une apparition
de la nuit

Je m’étais perdu dans un labyrinthe aux portes d’or
s’ouvrant fermées derrière moi je courrais une trappe
s’ouvrit je m’accrochai à un ruban grenat flottant là fixé
nulle part en croix je glissai dans le vide retrouvai un
autre rêve où je m’étais perdu

La
croix
aux
rubans
surmontée d’un soleil roue qui envoie
les filaments d’une lumière bleue irradiant le visage d’Ève consumant son
corps à l’abandon qui tombe d’une lente ronde
arrière
dans un
océan de
couleur
noire
J’envisage une
opération secrète à l'oeuvre
dans ce visage, nuage à l’absence discrète
récepteur sensible de la foudre solaire et d’ondes passagères
centre noir béant d’une extase bleutée à la pudeur rose
entre la chaleur vive d’un corps et le froid d’une nuit
les arrondis d’un corps les formes de la nuit
les surfaces d’un corps le sans fond d’un puits
la chair du corps la texture du vide
couleurs de la lumière et de l’obscurité
le visage
encore
Fermant
les yeux
j’observe
un corps sans figure
plonger
sans condition
dans l’abstraction
d’un fond noir
pour y voir
couleurs en abîme
textures végétales
le temps d’un éclair
extase picturale
puis
l’éponge sous marine
effacer les contours
du rêve
d'Ève
alors
ouvrant les yeux
je remonte
à la surface
du tableau
sans fin


texte de Bruno VINCENT, été 2008
Ève

merci Bruno

 

 

 

 

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© Guillaume Delorme 2015